Obi
Obi[1] (帯) est un terme japonais qui désigne une ceinture, simple corde ou bande de tissu ou de cuir enroulée autour de la taille et qui sert à tenir fermés les vêtements.
Histoire du obi
Bien qu'indissociable du kimono (着物), le obi large tel qu'on le connaît de nos jours ne fait son apparition qu'à l'époque Edo (Edo jidai 江戸時代) au début du XVIIe siècle (1603-1868). Auparavant, il s'agissait d'une bande étroite de tissu, mais avec la simplification du décor des kimono, le obi s'élargit et s'enrichit, surtout dans la mode féminine où il peut atteindre jusqu'à 33 cm de large (1 shaku 尺) et former des nœuds très complexes et raffinés.
Spécificités du obi dans les arts martiaux
Le obi est un vêtement présent dans de nombreux arts martiaux, mais se présente de façon différente selon les disciplines et a des fonctions particulières. On distingue en effet deux sortes de obi :
- Le obi étroit, plus généralement appelé « ceinture », se porte notamment dans les arts martiaux de combat à main nue : jûdô, karate, aikidô, etc. Il sert à fermer le dôgi (道着) et sa couleur permet de déterminer le kyû du pratiquant, de blanc à noir.
- Le obi large est plutôt associé au port du hakama (袴) dans les arts martiaux qui font usage d'armes : kendô, iaido, aikidô, etc., et, bien entendu, kyûdô. Sa couleur n'est pas déterminante.
Spécificités du obi dans le kyûdô
Le obi porté au kyûdô est une bande de tissu de 4 m de long pour 10 cm de large, son nom complet est kaku-obi (角帯). Si son usage premier reste la fermeture du kimono, il a également une fonction de support pour le hakama et reste donc employé avec un keikogi (稽古着) bien que celui-ci ait ses propres lanières qui servent à la fermer. La façon de porter le obi diffère des hommes et des femmes car le hakama diffère selon le sexe (ce qui n'est pas nécessairement le cas dans les autres arts martiaux).
- Le hakama masculin possède un koshi-ita (腰板), plaqué contre les lombaires, qui dépasse la bordure supérieure du hakama, laquelle se pose sur la bordure supérieure du obi. En conséquence, ce dernier est porté au niveau des hanches.
- Le hakama féminin, en revanche, est dépourvu de koshi-ita. C'est donc le obi lui-même et les lanières (himo 紐) du hakama qui vont occuper cette fonction. Ainsi, le obi se noue plutôt au niveau de la taille.
Sens et nœuds
Les motifs classiques d'un kaku-obi ont des significations. Les deux motifs principaux stylisés sont inspirés d'objets cultuels boudhiques :

① hanazara : l’assiette de fleur lors des cérémonies boudhiste.
② dokko : le vajra (diamant, foudre en sanskrit) boudhique qui chasse les mauvais esprits
Les traits de séparations entre les deux motifs ont également leurs significations :
③ oyakojima : les parents, (raies larges) protègent les enfants (raies fines)
④ kôkôjima : les enfants se dévouent à leurs parents
Nouez votre obi de manière que la bordure étroite hanazara apparaisse en haut
(À venir)
Notes et références
[1] La notion de genre grammatical n'existant pas en japonais, la question est débattue en français. Toutefois, l'usage semble préférer le masculin. De même, on n'applique ni l'élision des articles, ni la liaison, bien qu'il n'y ait aucune raison de ne pas le faire. De plus, le nombre grammatical n'existant pas non plus en japonais, nous ne retiendrons pas l'orthographe « obis » en français.